Summary Partager cet événement Accidentologie et itinéraires : comprendre où le risque se concentre réellement pour les flottes Pour une flotte professionnelle, l’itinéraire est avant tout un levier d’efficacité. Il conditionne les temps de parcours, la fiabilité des opérations et les coûts. Pourtant, les données d’accidentologie montrent que le choix des itinéraires influence directement le niveau de risque, bien au-delà de la distance parcourue ou du volume de trafic. À l’échelle européenne, les analyses convergent vers un même constat : tous les axes n’exposent pas les conducteurs au même niveau de gravité, même lorsque les trajets sont comparables en apparence. Le risque se lit à l’échelle du réseau, pas du trajet isolé Les données de la Commission européenne issues de la base CARE montrent que plus de la moitié des décès sur les routes européennes surviennent sur des réseaux ruraux, alors que ces axes concentrent une part minoritaire du trafic total.À l’inverse, les réseaux urbains enregistrent davantage d’accidents, mais avec une gravité moyenne plus faible. Ce déséquilibre met en évidence un point clé pour les flottes : le type d’axes empruntés pèse fortement sur la gravité des accidents, indépendamment du nombre total d’incidents. Le rapport européen Trendline renforce cette lecture en montrant que la sévérité des accidents est étroitement liée à des facteurs directement associés aux itinéraires, tels que les vitesses réellement pratiquées, la géométrie des routes, la lisibilité du réseau et les transitions entre environnements de circulation.Autrement dit, un itinéraire perçu comme fluide ou rapide peut en réalité exposer à un risque structurellement plus élevé. Des constats confirmés au niveau national Les données nationales confirment ces tendances européennes.En France, selon l’ONISR, plus de 60 % des accidents mortels surviennent hors agglomération, alors même que ces réseaux supportent moins de trafic que les zones urbaines. Ces axes sont pourtant largement empruntés par les flottes professionnelles pour les liaisons interurbaines, les livraisons longue distance ou les interventions techniques. Des constats similaires sont observés au Royaume-Uni. Les statistiques du Department for Transport indiquent que les routes rurales concentrent une part disproportionnée des décès, malgré un nombre d’accidents inférieur à celui des zones urbaines. Ces éléments montrent que le risque des flottes dépend fortement des territoires et des réseaux parcourus, et non uniquement des comportements individuels. Intégrer l’itinéraire comme variable de risque Croisées avec les données de mobilité, les données d’accidentologie permettent aujourd’hui d’analyser les itinéraires sous un angle nouveau.Elles rendent possible l’identification des axes où la gravité est structurellement plus élevée, des corridors à exposition récurrente et des zones de transition où les comportements et les vitesses deviennent instables. Pour les gestionnaires de flottes, cette lecture ouvre la voie à des arbitrages plus éclairés. L’itinéraire devient alors une variable de décision à part entière, au même titre que le temps ou le coût, permettant de réduire durablement l’exposition au risque. De l’itinéraire à la décision grâce à la donnée En s’appuyant sur les données de mobilité et d’accidentologie, les flottes peuvent dépasser une approche réactive du risque.Cette analyse permet de mieux comprendre où la gravité se concentre, pourquoi certains parcours exposent davantage et comment adapter les choix opérationnels en conséquence. Vous souhaitez mieux comprendre l’exposition réelle de votre flotte selon les itinéraires empruntés ?MICHELIN Mobility Intelligence peut vous accompagner grâce à des analyses fondées sur la donnée de mobilité. Prêt à démarrer ? Contactez-nous